Les matières, une écriture commune à toutes les collections
La matière est mon fil conducteur.
Elle est ce qui relie mes objets entre eux — des pièces pensées pour ralentir, habiter un espace, et accompagner le quotidien.
C’est par elle que tout commence.
Elle traverse mes collections, se transforme, s’adapte, mais conserve toujours la même exigence de sens, de texture et de justesse. Elle me guide, m’impose son rythme, m’apprend la patience.
Qu’il s’agisse de lampes, de miroirs, de coussins ou de bougies, les matériaux dialoguent entre eux. Je les fais circuler, se répondre, se transformer, afin de créer une cohérence visuelle et sensorielle, sans jamais figer la création dans une forme unique.
Des matières naturelles comme socle commun
Je travaille à partir d’une sélection volontairement restreinte de matières naturelles et brutes.
Ce choix est essentiel pour moi.
Il me permet d’explorer chaque matériau en profondeur, d’en comprendre les réactions, les contraintes, les possibilités, plutôt que de multiplier les effets. J’aime apprendre à connaître la matière, à l’apprivoiser, à la laisser m’indiquer ce qu’elle peut devenir.
Lin, jute, fibres végétales, cordes naturelles, cuir, rotin, éléments métalliques, perles, cauris…
Je choisis ces matières pour leur sincérité, leur résistance, leur capacité à révéler le geste.
Cordes, chaînes, laçages et tressages
Un langage partagé
Les cordes, chaînes et systèmes de laçage occupent une place centrale dans mon travail.
Je les utilise pour structurer la forme, moduler la tension, rendre visible l’assemblage.
Lier, tendre, ajuster :
ce geste précis me relie directement à la matière. Il inscrit la main dans l’objet, sans artifice, sans dissimulation.
Tissus ajourés, lin et fibres textiles
Filtrer et adoucir
Les textiles naturels apportent respiration et douceur à mes créations.
Le lin, le jute et les tissus ajourés sont choisis pour leur capacité à laisser passer l’air et la lumière, tout en affirmant une présence tactile vraie.
Ils diffusent une lumière douce, apportent du relief, adoucissent les volumes, sans jamais les effacer. J’aime cette subtilité, cette manière de suggérer plutôt que d’imposer.
La cire naturelle de soja
Une matière vivante
La cire naturelle de soja occupe une place essentielle dans mes créations parfumées.
Je la choisis pour sa pureté, sa texture crémeuse, sa douceur et sa capacité à restituer la lumière et le parfum sans excès.
Issue de ressources renouvelables, sa combustion est lente et propre.
Elle diffuse une lueur stable et apaisante, une lumière qui accompagne, jamais dominante.
Structures rigides et matières de soutien
Donner forme et équilibre
Le rotin, les tubes, les grillages ou les armatures métalliques constituent l’ossature de certaines pièces.
Ils dessinent les lignes, assurent la stabilité et permettent à la matière souple de s’exprimer pleinement.
J’aime jouer avec ces contrastes :
rigide et organique, plein et ajouré, ombre et lumière.
C’est dans cet équilibre que les formes trouvent leur justesse.
Les Cauris
Une présence assumée
Les cauris apparaissent comme des ponctuations dans mes créations.
Je les utilise avec intention, parce que leur force ne tient pas à la discrétion, mais à la justesse du geste.
Dans certaines pièces, comme les miroirs ou les coussins, ils occupent une place affirmée.
Ils structurent la surface, rythment la matière, inscrivent un mouvement.
Ils ne sont pas ajoutés pour orner, mais pour dialoguer avec la forme.
Leur présence est pensée, assumée, jamais gratuite.
Qu’ils soient discrets ou pleinement visibles, les cauris conservent leur charge symbolique.
Ils portent la mémoire de la mer et du voyage, évoquent la protection et la transmission, et rappellent une richesse faite de protection, de valeur accordée à l’objet et de lien entre les générations.
Leur forme organique, liée au féminin et aux cycles de la vie, inscrit dans l’objet une présence à la fois ancestrale et profondément contemporaine.
Les poids Baoulé
Ancrer la matière dans le sens
Les poids Baoulé sont intégrés comme des éléments porteurs de sens. Ils évoquent la mesure, la valeur, la transmission et le geste juste.
Leur présence introduit une profondeur silencieuse, un dialogue entre héritage et regard contemporain. Ils ne racontent pas une histoire à eux seuls, mais l’ancrent.
Pour en savoir plus, lisez l’article « Les poids Ashanti, l’héritage Akan »
Une cohérence, pas une uniformité
Les matériaux que j’utilise ne sont jamais figés dans un usage unique.
Je les laisse s’adapter aux formes, aux volumes, aux fonctions, tout en conservant leur identité propre.
Cette liberté d’interprétation me permet de créer des pièces ouvertes, sensibles, capables de traverser le temps sans s’épuiser.
La matière comme signature
La matière ne sert pas un effet.
Elle construit une identité.
Elle est le socle de mon écriture artisanale, cohérente, exigeante et sensible, qui s’affine avec le temps, l’expérimentation et le geste, dans une recherche continue de qualité.